L’essor économique de la Chine « est truffé de contradictions », a affirmé un expert en politiques commerciales

OTTAWA, le 16 février 2012 - La récente croissance économique de la Chine est mal comprise par bon nombre de Canadiens, et une bonne part de ce que les gens pensent qu’ils connaissent de ce pays est erronée ou trompeuse, a déclaré l’ex-négociateur commercial du Canada Michael Hart.
 
« La Chine est un pays immensément complexe, truffé de contradictions qu’il faudrait toute une vie pour apprécier totalement, a écrit M. Hart dans un nouvel article intitulé « L’ambigüité et l’illusion dans la transformation économique de la Chine : Des enjeux pour les décideurs et les chefs d’entreprise canadiens ».
 
L’article publié aujourd’hui est le premier d’une nouvelle série de publications commandée par le Conseil canadien des chefs d’entreprise (CCCE) pour souligner le rôle croissant de l’Asie dans l’économie mondiale et ce que cela implique dans l’optique du Canada.
 
Dans l’article, M. Hart énumère plusieurs exemples de fausses conceptions communes à propos de la Chine :

  • Bien qu’on présume souvent que la prise des décisions économiques en Chine est hautement centralisée, en réalité l’État n’a « ni la capacité institutionnelle ni la capacité humaine d’entreprendre pareille démarche de masse », a affirmé M. Hart. À la place, les représentants provinciaux et municipaux exercent une bonne part des pouvoirs au quotidien, « ce qui ajoute aux difficultés qu’éprouvent les étrangers au moment de tenter de faire affaire en Chine ».
  • De même, M. Hart met en garde contre la pensée selon laquelle le développement économique de la Chine s’articule en termes monolithiques. Bien que les récentes réformes aient propulsé plus de gens hors des confins de la pauvreté que toute l’aide occidentale combinée, les habitants pauvres de la Chine demeurent aussi nombreux que l’ensemble de la population de l’Amérique du Nord.
  • Même si la Chine a émergé comme grand acteur des échanges mondiaux, les chiffres sur ses activités commerciales sont décevants vu que les composants importés des autres pays constituent plus des trois quarts de la valeur totale des exportations chinoises. Dans bien des cas, la Chine est simplement le point d’assemblage définitif des produits créés et conçus ailleurs. « Le fait qu’un grand nombre des produits finaux de ces chaînes de production mondiales complexes sont expédiés en provenance de la Chine donne une impression fausse que les entreprises chinoises sont les principaux fournisseurs de cette corne d’abondance de produits, plutôt que des collaborateurs relativement accessoires. »
  • Selon M. Hart, il est « simpliste et trompeur » de laisser entendre que les sociétés internationales déplacent capitaux et emplois vers la Chine au détriment des emplois et des investissements au Canada et dans d’autres économies développées. En réalité, le virage des activités denses en main-d’œuvre vers la Chine génère des avantages économiques pour les deux parties, en permettant aux fabricants de profiter des gains de productivité et de devenir plus concurrentiels.

Dans l’ensemble, précise M. Hart, une Chine prospère y va des intérêts politiques et économiques du Canada – et du monde entier. Déjà, la Chine est le partenaire commercial du Canada qui a connu le plus d’essor, croissant à un rythme 10 fois plus rapide que les échanges avec le reste du monde. De plus, l’essor de la Chine a permis au Canada de diversifier ses activités commerciales à une période où les exportations vers les États-Unis s’affaiblissent.
 
« Même si la croissance [économique de la Chine] ralentit à la moitié du rythme des 30 dernières années, conclut M. Hart, les possibilités de commerce et d’investissement demeureront appréciables pendant encore de nombreuses années. »
 
Ex-fonctionnaire du ministère des Affaires étrangères et du Commerce international du Canada, M. Hart occupe désormais la Chaire Simon Reisman en politiques commerciales à l’École Norman Paterson d’affaires internationales de l’Université Carleton à Ottawa.
 
Le CCCE est la principale voix de la communauté des gens d’affaires du Canada, représentant 150 chefs d’entreprise et entrepreneurs dominants de tous les secteurs et de toutes les régions du pays. Ses membres dirigent des entreprises qui administrent collectivement 4,5 billions de dollars canadiens d’actifs, emploient au‑delà de 1,4 million d’hommes et de femmes et sont responsables de la plupart des exportations, investissements et programmes de formation du secteur privé du Canada.