La réciprocité est déterminante dans la relation Canada-Chine, selon M. Manley
BEIJING, le 21 novembre 2011 – Les Canadiens accueillent favorablement les investissements chinois, mais la Chine se doit de rendre la pareille en offrant à la population canadienne une plus grande liberté d’investir en sol chinois, affirme l’honorable John Manley, président et chef de la direction du Conseil canadien des chefs d’entreprise (CCCE).
Prenant la parole lors d’une conférence à Beijing organisée par le Conseil commercial Canada Chine (CCCC), M. Manley a déclaré que les Canadiens et les autres investisseurs autres que chinois sont confrontés à une pléiade de restrictions quand vient le moment de participer à la seconde plus importante économie de la planète. Un certain nombre de secteurs clés de l’économie chinoise sont hors limite pour les commerces de propriété étrangère; dans quelques autres industries, les sociétés étrangères sont autorisées à exploiter leurs activités seulement par l’intermédiaire de coentreprises avec les sociétés chinoises.
Des restrictions similaires s’appliquent aux grands investisseurs individuels et institutionnels. Par exemple, les investisseurs autres que chinois cherchant à acheter et à vendre des parts dans des marchés boursiers publics chinois doivent se plier à un processus rigoureux et fastidieux d’obtention de permis. Même lorsqu’ils réussissent à obtenir un statut d’Investisseur Institutionnel Étranger Qualifié, les étrangers font face à des limites aux montants de titres qu’ils ont le droit d’acheter.
M. Manley a affirmé que le Canada se targue d’être ouvert aux investissements étrangers, « à la fois par voie de nos marchés publics et en lien avec les investissements privés ».
En date de 2010, la valeur totale des investissements chinois au Canada était évaluée à 14 milliards de dollars, plus que deux fois celle des investissements canadiens en Chine. Une bonne part des activités d’investissement récentes ont porté sur le secteur pétrolier et gazier du Canada. Trois sociétés d’État chinoises – China National Offshore Oil Corporation, Sinopec et PetroChina – ont annoncé d’importants investissements dans des projets de sables bitumineux en Alberta.
Autre signe de l’intérêt croissant de la Chine dans l’économie canadienne, China Investment Corp., le plus vaste fonds souverain du monde, a choisi Toronto cette année comme lieu où aménager son premier bureau à l’étranger.
« Cela va sans dire que les investisseurs canadiens devraient bénéficier du même accès à la Chine que celui dont bénéficient les investisseurs chinois au Canada, a précisé M. Manley. Malheureusement, ce n’est pas le cas à l’heure actuelle. »
« Ce manque d’ouverture est une source évidente de frustrations chez les investisseurs canadiens, compte tenu surtout de la récente augmentation marquée des investissements chinois au Canada. »
Le CCCE est un organisme sans but lucratif et non partisan composé de chefs d’entreprise des 150 sociétés les plus importantes au Canada, représentant tous les secteurs de l’économie canadienne. Les entreprises qu’ils dirigent administrent des actifs collectifs de 4 500 milliards de dollars (CAD), ont un chiffre d’affaire supérieur à 850 milliards de dollars (CAD) et sont responsables de la plupart des exportations, des investissements, de la recherche-développement et de la formation.
En octobre, le CCCE et le CCCC ont conjointement publié un rapport de Mme Wendy Dobson, Ph. D., l’une des économistes dominantes du Canada, qui recommandait vivement aux Canadiens d’élaborer une stratégie beaucoup plus ciblée pour faire face à la montée de la Chine et des autres économies naissantes d’Asie. Le rapport mentionnait que la montée de l’Asie « transforme le paysage économique et géopolitique mondial » à un rythme sans précédent dans l’histoire de l’humanité, générant des augmentations marquées de la demande en énergie et autres ressources naturelles ainsi que divers produits et services à la consommation.

