Faire progresser la promesse de Doha – Dirigeants mondiaux d’entreprise pour la croissance

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Ce document a été préparé par les organisations de chefs d’entreprise suivantes :



  • Business Council of Australia (Australie)
  • Business Roundtable (États-Unis)
  • Conseil canadien des chefs d’entreprise (Canada)
  • Consejo Mexicano de Hombres de Negocios (Mexique)
  • The European Round Table of Industrialists (Europe)
  • Nippon Keidanren (Japon)

Sommaire


Les gouvernements membres de l’OMC ne disposent plus que de quelques mois pour sauver le Programme de Doha pour le développement. Les grands espoirs en ce qui concerne le développement économique et la croissance mondiale suscités par le cycle de Doha sont maintenant en danger. Les dirigeants mondiaux d’entreprises que représente notre organisation réaffirment leur croyance dans la grande valeur potentielle de ces négociations. Nous demandons aux gouvernements membres de l’OMC de prendre l’engagement politique nécessaire afin de conclure sans tarder un accord ambitieux et équilibré en profitant de la possibilité qui reste encore pour le faire.


Nous sommes très inquiets de constater que le Programme de Doha pour le développement (PDD) est sur le point d’échouer.



  • Le cycle actuel de débats sur la libéralisation du commerce mondial, lancé en 2001, affiche un retard de plus de deux ans et le délai initial de janvier 2005 pour conclure le Cycle de Doha a expiré sans que nous puissions noter des résultats tangibles.
  • L’incapacité des membres de l’OMC à se mettre d’accord au mois de juillet sur une première version de la déclaration ministérielle pour la Conférence ministérielle de l’OMC qui se tiendra à Hong Kong en décembre et dont l’objectif était d’ouvrir la voie pour mener les consultations de Doha à leur terme en 2006, a  aggravé la crise.
  • Le temps va bientôt manquer aux membres pour s’entendre sur les enjeux des négociations avant décembre 2005. La conférence ministérielle de Hong Kong risque de devenir le prochain Cancun ou Seattle. Si les membres de l’OMC ne parviennent pas à s’entendre sur les questions auxquelles ils sont confrontés, cela pourrait entraîner des conséquences sérieuses pour le développement et la croissance économique mondiales et risquerait de causer de graves préjudices au cycle actuel.

Le défi que doivent relever les nouveaux dirigeants et les membres de l’OMC consiste à intensifier leurs efforts et à afficher des progrès réels sans abaisser les attentes au cours des mois qui s’écouleront d’ici la Conférence ministérielle de Hong Kong. Il est indispensable, à l’égard de cette conférence, d’établir un cadre détaillé et complet pour un processus de négociation efficace qui mènera le PDD à un dénouement fructueux en 2006.



  • Nous avons besoin de compter sur un engagement renouvelé de tous les membres de l’OMC et sur un leadership politique plus fort de leur part afin de replacer le PDD sur la voie de la réussite.
  • Nous ne croyons pas que la croissance économique à l’échelle mondiale puisse être soutenue aux niveaux nécessaires pour les pays développés et en développement sans un accord ambitieux visant la libéralisation accrue des secteurs névralgiques de l’économie internationale et les moyens nécessaires pour aider les membres les plus pauvres de l’OMC à partager cette croissance. 

Le succès ultime du PDD aux plans économique et politique dépendra de la négociation d’accords complets portant sur l’agriculture, les biens industriels, les services et la facilitation du commerce.



  • La non-résolution des enjeux clés de l’agriculture entrave gravement les progrès dans d’autres domaines. Même si des avancées rapides ont été enregistrées dans les négociations sur l’agriculture, il est souvent arrivé que les expressions publiques d’une volonté d’en arriver au terrain d’entente requis ne se soient pas accompagnées d’actions en ce sens à Genève. Tous les membres de l’OMC – en particulier les principaux intervenants – doivent faire preuve de volonté politique pour que des progrès importants soient réalisés dans les négociations sur l’agriculture et, au besoin, que des décisions politiquement difficiles soient prises en ce qui concerne les subventions aux exportations et, en particulier, les règles touchant le soutien intérieur ainsi que l’accès aux marchés.
  • Les membres de l’OMC doivent, de toute urgence, élever leurs ambitions en réduisant considérablement leurs barrières tarifaires et non tarifaires touchant tous les biens industriels. Ils doivent imposer des réductions tarifaires générales en profondeur et complètes et soutenir les efforts dans les secteurs où on voudrait que les tarifs soient entièrement abolis. Une entente portant sur les moyens d’atteindre ces objectifs est attendue depuis longtemps. Pour la communauté des affaires, il faudra que, peu importe le cadre de négociation convenu, celui-ci produise des résultats commerciaux significatifs au niveau de l’amélioration de l’accès aux marchés.
  • Les négociations sur les services accusent encore plus de retard. Les négociateurs devraient s’entendre dans les plus brefs délais sur des efforts complémentaires en vue de l’accomplissement de progrès significatifs à ce chapitre, ce qui devrait comprendre une attention particulière pour les secteurs particuliers susceptibles de se prêter le plus à la libéralisation. Ils devraient aussi faire progresser les négociations de longue date sur la réglementation intérieure des services et voir à l’adoption d’engagements supplémentaires sur le mouvement de personnel qui profiteront aux pays développés et en développement.

En tant que chefs d’entreprises internationales, nous sommes bien placés pour savoir l’importance de la libéralisation du commerce et des investissements pour une croissance économique soutenue des pays développés et en voie de développement. Nous nous engageons à travailler avec la direction de l’OMC, nos gouvernements respectifs, autres membres de l’OMC, autres groupes d’entreprises internationaux et les ONG afin de faire un succès du Programme de développement de Doha.


Faire progresser la promesse de Doha


Nous expliquons ci-dessous plus en détail pourquoi nous pensons que le Programme de Doha pour le développement est important pour l’économie mondiale et ce qui est nécessaire pour que le Programme réussisse.


I. L’OMC a servi de moteur à la libéralisation des marchés, la croissance économique mondiale et la stabilité



Depuis sa création, en 1995, l’OMC a servi de moteur à la libéralisation des marchés et a contribué à la sécurité et la fiabilité d’un système fondé sur des règles nécessaires à une croissance et une prospérité économiques mondiales.


La libéralisation du commerce par l’intermédiaire de l’OMC a stimulé le commerce et les investissements tant dans les pays développés que dans les pays en voie de développement et a aidé tous les pays à réduire les coûts de la vie, à offrir à leurs clients un choix plus vaste de produits et à augmenter le revenu.


Le succès et les avantages du système de commerce multilatéral de l’OMC ont été reconnus dans le monde entier. L’OMC est passée d’un groupe de 23 signataires du GATT en 1947 à 148 membres en 2005. Le succès des huit derniers cycles de négociations multilatérales a aidé le commerce mondial à passer de 80 milliards de dollars US en 1947 à 9 billions de dollars US aujourd’hui.


II. À une époque d’incertitude économique et politique, le succès du Programme de Doha pour le développement enverra un signal positif aux marchés mondiaux et contribuera à relancer une croissance économique durable.


La réussite du Programme de Doha pour le développement peut contribuer à relancer la croissance et à augmenter le niveau de confiance dans une économie mondiale encore fragile.



Bien que la croissance du commerce mondial et la croissance économique aient accéléré depuis 2001-2002, les taux de croissances sont loin d’approcher ceux des années 1990. La croissance économique actuelle reste fragile et continue de susciter de sérieuses inquiétudes quant à sa durabilité.


Les pays développés et les pays en voie de développement doivent améliorer leur compétitivité sur les marchés mondiaux. Le succès du PDD aidera à relancer la croissance économique à long terme et, à court terme, enverra un signal positif aux marchés. Les pays développés et les pays en voie de développement ont un intérêt évident dans une ouverture plus grande de leurs économies et dans des économies plus transparentes et efficaces grâce à une conclusion réussie du PDD.


Les négociations agricoles devraient permettre des profits importants



Dans les pays développés et dans les pays en voie de développement, la réforme agricole est un élément important de promotion de la croissance économique mondiale et du développement mondial. Les compromis du Cycle de l’Uruguay ont permis aux membres de maintenir des niveaux de protection très élevés.  Au bout du compte, les exportateurs et les consommateurs profiteront de l’élimination des subventions à l’exportation, des limites serrées d’utilisation du soutien interne par le biais de subventions faussant les échanges, et des réductions importantes des taux tarifaires et autres barrières douanières.


Les profits potentiels tirés d’un meilleur accès aux marchés non agricoles, d’une libéralisation accrue des services et d’une meilleure facilitation du commerce sont encore plus importants



Les secteurs des services et les secteurs industriels surpassent de loin le secteur agricole en termes de production économique, d’emplois et de profits potentiels tirés de la libéralisation.


Après 50 ans de réduction tarifaire, les taux tarifaires industriels moyens des pays développés sont aujourd’hui inférieurs à 4 %.  Font partie de cette moyenne de nombreux droits résiduaires peu élevés qui offrent peu de protection mais continuent d’imposer des coûts annuels de 16 milliards de dollars US. De plus, les crêtes tarifaires continuent à nuire aux produits manufacturés à bon marché produits dans les pays les pays les moins développés les plus pauvres. L’escalade des droits dans les marchés industriels pénalise aussi les producteurs de produits de base.  


Les taux tarifaires qu’imposent les pays développés aux importations en provenance des pays en voie de développement sont quatre fois plus élevés que ceux imposés aux importations en provenance des autres pays de l’OCDE. Les taux tarifaires industriels des pays en voie de développement restent aussi très élevés. De tels taux causent souvent des dommages commerciaux encore plus élevés, car ils bloquent le commerce entre ces mêmes pays en voie de développement.


Non seulement, il reste beaucoup à faire en ce qui concerne les droits de douanes, mais de plus les mesures tarifaires continuent à entraver le développement commercial même lorsque les droits sont éliminés ou faibles.


Au cours de la dernière décennie, le taux de croissance commercial dans le secteur des services a augmenté plus rapidement que dans le secteur de la fabrication. À l’échelle mondiale, le commerce de services représente maintenant près d’un quart du commerce transfrontalier total. Cependant, des obstacles importants subsistent. Ces obstacles peuvent prendre différentes formes, notamment des exigences réglementaires excessives ou discriminatoires, l’absence de transparence, l’absence d’un éventail complet de choix pour la création d’entreprises et des limitations très strictes en ce qui concerne les mouvements transfrontaliers du personnel d’entreprise ainsi qu’un fardeau administratif très lourd pour ces déplacements. Une libéralisation accrue du secteur des services réduirait considérablement ces obstacles et permettraient aux exportateurs de services, aux producteurs nationaux et aux consommateurs utilisant ces services d’en bénéficier.


Enfin, l’augmentation des coupures tarifaires et des niveaux de commerce international a mis en lumière les nombreux obstacles non tarifaires auxquels sont confrontées beaucoup de compagnies à la frontière en raison des exigences administratives considérables, nécessitant beaucoup de temps et souvent coûteuses, des diverses procédures de contrôle douanier et aux frontières, et d’autres réglementations et politiques. L’adoption d’un accord sur la facilitation du commerce peut contribuer à supprimer ces obstacles et à permettre aux exportateurs, aux producteurs domestiques et aux consommateurs d’en tirer des profits substantiels. 


III. Le succès du Programme de Doha pour le développement exige l’obtention de résultats considérables et équilibrés dans tous les secteurs clés faisant l’objet de négociations – accès aux marchés agricoles et non agricoles, libéralisation des services et facilitation du commerce



Le véritable succès des négociations de Doha, tant d’un point de vue politique qu’économique, dépendra de la combinaison d’une réforme agricole et d’une ouverture des marchés réussies, de la libéralisation substantielle de l’accès aux marchés non agricoles, de la libéralisation des services et de la facilitation du commerce.  


Des résultats dans le domaine de l’agriculture sont essentiels au succès d’ensemble du Programme de Doha pour le développement.



Les négociations concernant l’agriculture ont progressé au début. Mais, aujourd’hui, elles font face à une crise qui menace d’empêcher d’autres progrès dans d’autres secteurs. Il est urgent que tous les membres de l’OMC – en particulier les intervenants importants – démontrent que derrière leurs déclarations publiques d’une volonté de trouver un terrain commun, il existe une véritable volonté politique de progresser et, si nécessaire, de prendre des décisions difficiles d’un point de vue politique. Des progrès sont plus particulièrement nécessaires en ce qui concerne les mesures de soutien interne et l’accès aux marchés.


Des résultats en ce qui concerne l’accès aux marchés non agricoles sont essentiels pour le succès global du Programme de Doha pour le développement.



En plus d’ouvrir les marchés aux produits fermiers, les membres de l’OMC doivent aussi réduire de manière substantielle les droits encore imposés sur tous les biens industriels et il est urgent que les membres de l’OMC s’entendent sur les moyens de parvenir à une réduction tarifaire sur les produits industriels. Ils devraient se prononcer en faveur de l’élimination des droits douaniers dans les secteurs qui le souhaitent tout en garantissant des réductions tarifaires générales importantes.  Les membres de l’OMC devraient aussi s’efforcer de s’attaquer sérieusement à toutes les barrières non tarifaires restantes. Le  marché est le véritable test pour la libéralisation industrielle : peu importe le cadre de négociation adopté, il doit aboutir à des résultats significatifs en ce qui concerne l’accès aux marchés.


Des résultats dans le domaine de la libéralisation générale des services sont essentiels au succès global du Programme de Doha pour le développement



Les négociations concernant les services affichent des retards par rapport à leurs calendriers et objectifs initiaux. L’incapacité de redonner de la vigueur à ces négociations pourrait diminuer le soutien d’une grande partie du milieu d’affaires au PDD, tant dans les pays en voie de développement que dans les pays développés. Les services sont essentiels à la croissance économique mondiale. Il est inconcevable que les négociations de Doha puissent se conclure sans résultats commerciaux significatifs dans ce secteur. Il est urgent que les négociateurs s’entendent sur des efforts complémentaires afin de réaliser des progrès importants, y compris l’application de modèles sur lesquels ils se seront mis d’accord dans certains secteurs et une convergence de ces efforts vers les secteurs de services clés les plus mûrs pour la libéralisation. Ils devraient aussi faire avancer les négociations de longue date sur la réglementation intérieure des services et garantir des engagements complémentaires en ce qui a trait au mouvement du personnel qui profitera aux pays développés et aux pays en voie de développement.


Des résultats dans le domaine de la facilitation du commerce sont essentiels pour le succès global du Programme de Doha pour le développement



Les membres ont entamé des négociations sur la clarification et l’amélioration des règles afin d’accélérer la circulation et le dédouanement des marchandises, y compris les marchandises en transit. Une conclusion réussie du PDD nécessite un accord multilatéral ambitieux  en ce qui concerne la facilitation du commerce. Une baisse directe des frais de transaction aboutirait à des profits immédiats et importants à la fois pour les exportateurs, les producteurs nationaux et les clients partout dans le monde.


Les accords finaux du Programme de Doha pour le développement doivent être équilibrés.



Le PDD réussira seulement si les pays développés et en voie de développement reconnaissent qu’un équilibre global sera nécessaire pour l’ensemble des accords. Les membres de l’OMC  doivent avoir une vision qui leur permet de reconnaître que dans l’économie mondiale d’aujourd’hui, les restrictions commerciales ne sont pas des politiques qui favorisent la croissance. Ce sont des obstacles à la croissance économique. Le PDD offre une occasion unique aux pays développés de supprimer les restrictions commerciales et les pratiques de distorsion qui nuisent à la capacité des fermiers et des industries dans leurs pays et dans les pays en voie de développement d’utiliser les marchés mondiaux pour grandir. Les pays en voie de développement doivent aussi reconnaître que s’ils n’arrivent pas à utiliser le PDD pour ouvrir leurs marchés et poursuivre des réformes économiques, ils ne pourront pas créer les environnements économiques et réglementaires permettant à leurs fermiers et leurs industries de profiter de l’augmentation des activités commerciales et des investissements.


IV. Le succès du Programme de Doha pour le développement stimulera la croissance des pays en voie de développement


Le Programme de Doha pour le développement doit créer des avantages en faveur du développement



Le PDD ne sera un succès que s’il est tenu compte des intérêts que représente le développement. Les membres de l’OMC en sont conscients et reconnaissent clairement le rôle du traitement différentiel et particulier, de l’aide technique et les questions associées à la mise en application des accords de l’OMC.


Les pays en voie de développement peuvent tirer des profits importants de l’accès au marché non agricole, des services et de la facilitation du commerce



Les intérêts des pays en voie de développement dans la libéralisation du commerce agricole, spécialement (bien que pas exclusivement) en termes d’ouvertures de marchés aux États-Unis, dans l’Union européenne, au Japon et dans d’autres pays, et de réduction des programmes de subvention à l’agriculture, ont été reconnus depuis longtemps et demeurent une préoccupation pour tout le monde. Parallèlement, on ignore souvent les profits potentiels que pourraient tirer les pays en voie de développement d’une libéralisation et d’un accès aux marchés dans d’autres secteurs que l’agriculture.


En ce qui concerne les produits industriels, la plupart des pays en voie de développement ont maintenu de hauts murs tarifaires, y compris entre eux. L’OCDE a calculé que les tarifs consolidés moyens de l’OMC appliqués aux biens industriels dans l’Union européenne, aux États-Unis, au Japon et au Canada sont de 4 % par rapport à 39 % pour un groupe de 13 pays en voie de développement . Avec plus de 40 % du commerce mondial actuel se faisant entre les pays en voie de développement, la Banque mondiale estime que les pays en voie de développement imposent 70 % (57 milliards de dollars US) du fardeau tarifaire appliqué aux biens manufacturés en provenance des pays en voie de développement. Ces droits élevés augmentent aussi le prix pour les facteurs de production, supprimant la plupart des avantages de marché dont bénéficient ces pays grâce à des coûts de main-d’œuvre faibles ainsi que les bénéfices économiques inhérents à la libéralisation du commerce.


Les pays en voie de développement ayant seulement de faibles proportions de leurs tarifs consolidés dans le cadre de  l’OMC, ou ayant des couches de barrières non tarifaires, sont désavantagés quand on les compare aux économies offrant des conditions plus sûres et plus visibles pour le commerce et les investissements. Le Cycle de Doha est une occasion de remédier à cet handicap.


Les nations plus pauvres ont aussi l’occasion d’exercer des pressions pour la suppression des barrières non tarifaires injustifiées dans des marchés où elles sont par ailleurs compétitives. 


De la même façon, les pays en voie de développement devraient tirer de gros avantages de la libéralisation du secteur des services. L’exportation des services constituent une source importante de recettes en devise étrangères pour ces pays. Beaucoup ont démontré un avantage comparatif dans des services axés sur le tourisme et les ressources naturelles, tandis que d’autres sont concurrentiels dans des services davantage capitalistiques et faisant appel aux ressources humaines comme le secteur logiciel. Les innovations dans les technologies de l’information et des communications ont contribué à augmenter la participation et le potentiel des pays en voie de développement dans le domaine des services. 


En outre, sans une bonne infrastructure pour les services clés –  par exemple, les services financiers et comptables, les télécommunications, la consultation juridique et commerciale, les services de livraison par exprès, la construction, les services d’éducation et de formation et autres – les pays en développement ne seront pas en mesure de s’intégrer pleinement à l’économie mondiale et, de ce fait, d’attirer des investissements productifs ou d’accroître leur revenu intérieur pour connaître la croissance souhaitée.


La Banque mondiale estime que l’abaissement du tiers des obstacles au commerce des services se traduira par une augmentation de 900 billions de dollars américains du revenu global pour les pays en développement jusqu’en 2015 et qu’une libéralisation totale pourrait entraîner la création de gains pouvant être 4,5 fois supérieurs pour ces pays à la suite de la seule libéralisation du commerce des biens. Les membres ont convenu d’accorder une attention particulière aux secteurs et aux modes d’approvisionnement en matière d’exportation qui intéressent les pays en développement. 


Enfin les exportateurs, consommateurs, investisseurs et importateurs des pays en développement peuvent profiter d’une amélioration et d’une clarification des règles sur les mesures aux frontières en vertu d’un nouvel accord de facilitation du commerce.


La libéralisation du commerce par les pays en développement les plus évolués est importante à l’égard de la réussite du Programme de Doha pour le développement.



L’OMC compte maintenant 148 pays membres et son effectif pourrait atteindre 170 pays d’ici la fin de la présente décennie. La majorité d’entre eux sont actuellement des pays en développement. Certains n’ont pas encore réussi à s’intégrer à l’économie mondiale et auront besoin d’assistance pour profiter des possibilités que pourrait offrir le Cycle de Doha. D’autres sont déjà des joueurs majeurs du commerce international, affichant un énorme potentiel de réussite. Les perspectives qui s’offrent à ces pays dépendent sans doute en partie de l’ouverture des marchés à l’échelle mondiale et de la réduction des subventions agricoles. Mais leur succès dépend également de la volonté des pays en développement plus avancés de rendre leurs propres marchés plus ouverts et efficaces. C’est là la meilleure option dont ils disposent pour accroître l’emploi par l’investissement, diversifier leur économie, aider les consommateurs et atténuer la pauvreté.


Ces grands pays commerçants ont profité grandement du système de commerce multilatéral et ils continueront de le faire. Mais, pour maximiser la performance de l’OMC, il leur faudra assumer une part plus importante des efforts de libéralisation. Ils devront contribuer de manière importante pour que le Programme de Doha puisse remplir toutes ses promesses. Les pays industriels doivent certainement faire leur part; mais les autres principaux bénéficiaires du système doivent faire aussi la leur, et ce, pour la sauvegarde de leurs intérêts directs. En outre, peu importe le niveau de développement, il ne devrait pas y avoir, en général, d’exemptions, mais des mises en place progressives plus longues et d’autres mécanismes de transition.


Le Programme de Doha pour le développement est arrivé à un carrefour.  Il est maintenant temps pour les membres de l’OMC d’intensifier leurs efforts et de démontrer de réels progrès sans réduire leurs attentes.  En tant que chefs d’entreprises internationales, nous sommes bien placés pour savoir l’importance de la libéralisation du commerce et des investissements pour une croissance économique soutenue des pays développés et en voie de développement. Nous nous engageons à travailler avec la direction de l’OMC, nos gouvernements respectifs et les autres groupes d’entreprises internationaux afin de faire un succès du Programme de développement de Doha.






  1. Moyenne arithmétique des droits de douane consolidés après l’Uruguay Round, Centre de développement de l’OCDE, cahier de politique économique Nº 18, La libéralisation multilatérale des droits de douane et les pays en développement (1999).

 


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Business Council of AustraliaLe Business Council of Australia est une association de hauts dirigeants de grandes sociétés australiennes qui représentent un effectif d’un million de travailleurs australiens. Il a été fondé en 1983 en vue de fournir aux chefs d’entreprise australiens une tribune pour participer directement aux débats sur les politiques publiques et de bâtir une société australienne meilleure et plus prospère. Le Business Council of Australia aspire à ce que l’Australie devienne le meilleur endroit au monde où vivre, apprendre, travailler et faire des affaires. Pour plus de renseignements, veuillez visiter le www.bca.com.au.


La Business Roundtable (www.businessroundtable.org) est une association de chefs de la direction de grandes sociétés représentant des effectifs de plus de 10 millions de personnes aux États-Unis et des revenus de 4 billions de dollars. Ceux-ci se sont engagés à mettre de l’avant des politiques publiques favorisant une croissance économique vigoureuse, une économie mondiale dynamique ainsi qu’une main-d’œuvre américaine bien formée et productive en vue de préserver la compétitivité future du pays.


Conseil canadien des chefs d’entrepriseLe Conseil canadien des chefs d’entreprise (www.ceocouncil.ca) est la principale association de dirigeants d’entreprise du Canada et affiche un dossier exceptionnel quant à sa capacité d’allier l’initiative entrepreneuriale à des choix de politique publique rationnels. Le CCCE est une organisation sans but lucratif non partisane composée de hauts dirigeants de 150 grandes entreprises canadiennes qui, ensemble, affichent un actif de 2,5 billions de dollars et des revenus annuels de 600 milliards. Il est très fortement engagé à l’égard du programme de l’OMC et a été le chef de file du secteur privé en ce qui concerne l’élaboration et la promotion de l’Accord de libre-échange Canada-États-Unis durant les années 1980 et de l’Accord de libre échange nord-américain trilatéral qui s’en est suivi.


Le Consejo Mexicano de Hombres de Negocios est une organisation sans but lucratif fondée en 1963 et composée des chefs de la direction des plus grandes sociétés privées du Mexique, dont la plupart détiennent dans celles-ci des intérêts majoritaires. Il a pour mandat de lancer des initiatives et de faire des efforts pour favoriser la croissance et le développement du Mexique ainsi que pour promouvoir l’image de ce pays à l’étranger. Cet organisme compte 40 membres qui, au cours des cinq dernières années, ont investi plus de 40 milliards de dollars américains, ont exporté  pour près de 55 milliards et fourni des emplois directs à près de 850 000 personnes.


Table ronde des industriels européens (ERT)La Table ronde des industriels européens (www.ert.be) est un forum de quelque 45 dirigeants de sociétés d’envergure internationale d’origine européenne. Sa mission centrale est de favoriser la compétitivité de l’industrie européenne. Elle fait valoir ses positions dans les domaines les plus liés à ses propres champs d’intérêt et de compétence, principalement les grands changements susceptibles de modifier les conditions essentielles à l’existence d’un cadre propice au fonctionnement efficace des entreprises. Les sociétés que dirigent les membres de l’ERT représentent un large éventail de secteurs industriels. Elles affichent un chiffre d’affaires combiné de 1 500 milliards d’euros et emploient quelque 4,5 millions de personnes dans le monde.


La Nippon Keidanren (www.keidanren.or.jp) est la principale organisation de gens d’affaires et d’industriels du Japon et compte 1 600 membres. Elle défend les intérêts de 1 300 grandes sociétés, dont 100 sont de propriété étrangère, de 130 associations du secteur industriel et de 50 organisations économiques régionales. La Keidanren s’est engagée à contribuer à la poursuite de l’expansion de l’économie nationale et mondiale. Elle se consacre de manière proactive à l’amélioration du cadre commercial au plan national et international.