L’essor de l’Asie est une « occasion en or » pour les agriculteurs et les transformateurs agricoles canadiens, affirme un rapport
Le secteur agroalimentaire du Canada peut potentiellement devenir un moteur de la croissance de l’économie tout entière si le gouvernement fédéral choisit rapidement de négocier des accords commerciaux privilégiés avec les marchés asiatiques qui connaissent un essor accéléré, conclut un nouveau rapport.
« L’essor de la Chine, de l’Inde et des autres marchés émergents a profondément transformé la perspective des agriculteurs et des transformateurs agricoles canadiens », déclare Michael Gifford, ancien négociateur en chef du Canada en matière de commerce agricole et auteur du rapport.
Intitulé « Golden Opportunities and Surmountable Challenges: Prospects for Canadian Agriculture in Asia », le mémoire de M. Gifford est le quatrième d’une série de rapports commandés par le Conseil canadien des chefs d’entreprise (CCCE) pour explorer les répercussions du pouvoir économique croissant de l’Asie sur le Canada.
Les points de vue exprimés dans le mémoire sont ceux de l’auteur et ne témoignent pas nécessairement de la position du CCCE ou de ses membres.
M. Gifford fait remarquer que, depuis des décennies, le secteur agroalimentaire du Canada se débat avec des cycles d’expansion et de ralentissement, de fréquents excédents et de faibles revenus agricoles. Comme dans bon nombre d’autres pays industrialisés, la production agricole a augmenté rapidement au cours de la deuxième moitié du XXe siècle, surclassant la croissance des populations.
Cependant, l’essor de la Chine, de l’Inde et des autres pays émergents dicte d’importantes transformations des marchés agroalimentaires mondiaux. À l’échelle de l’Asie, une croissance rapide de l’urbanisation et des revenus contribue à une expansion sans précédent du nombre de consommateurs de la classe moyenne, et à une hausse concomitante de la demande en viandes, en huiles végétales, en produits laitiers, en fruits et en sucre ainsi qu’en aliments transformés et en repas de restaurant.
Tous ces phénomènes augurent bien pour des pays comme le Canada qui sont des exportateurs agricoles nets, a déclaré M. Gifford. « L’appétit croissant de l’Asie pour les aliments importés offre aux producteurs agricoles canadiens des occasions en or de croître et de prospérer – à condition que les gouvernements fédéral et provinciaux et que l’industrie collaborent afin de déterminer et de surmonter divers défis externes et internes. »
Le plus important de ces défis est le besoin de faire en sorte que le Canada ne soit pas omis des principaux accords commerciaux privilégiés qui façonneront de plus en plus l’avenir du commerce international. Plus particulièrement, M. Gifford insiste sur l’importance de s’assurer de la participation du Canada au Partenariat transpacifique (PTP), un accord commercial régional qui fait présentement l’objet de négociations entre l’Australie, Brunei, le Chili, la Malaisie, la Nouvelle-Zélande, le Pérou, Singapour, les États-Unis et le Vietnam.
Le Canada a récemment demandé à joindre le PTP, mais les États-Unis, l’Australie et la Nouvelle-Zélande n’en ont toujours pas convenu, en citant – entre autres réserves – la réticence du gouvernement fédéral à offrir aux secteurs très protégés et à offre réglementée des produits laitiers et de la volaille du Canada un accès accru aux importations.
De son côté, M. Gifford affirme que la réglementation de l’offre « ne doit pas être un obstacle insurmontable » face aux ambitions commerciales élargies du Canada. Il souligne que de nombreux autres pays restreignent certains types d’importations agricoles et que l’issue la plus probable des négociations portant sur le PTP est donc un accord menant à une libéralisation partielle plutôt qu’intégrale des secteurs les plus délicats.
Du même souffle, il affirme que le Canada doit adopter des mesures dès maintenant pour aider les secteurs protégés à préparer un avenir où la libéralisation du commerce agricole est non seulement inévitable, mais un facteur qui contribue très nettement à nourrir l’intérêt national du Canada.
« Nonobstant les sensibilités politiques, le reste de l’économie, dont les 80% de l’agriculture canadienne qui sont tributaires des prix mondiaux, ne peut se permettre d’être pris en otage des demandes des producteurs de produits laitiers et de volaille pour préserver le statu quo », précise le rapport.
Le CCCE est la principale voix de la communauté d’affaires du Canada. En effet, il représente 150 chefs d’entreprise et entrepreneurs de tous les principaux secteurs et régions du pays. Ses membres dirigent des entreprises qui administrent des actifs collectifs de 4 500 milliards de dollars, emploient plus de 1,4 million de travailleurs et de travailleuses et qui représentent la grande majorité des investissements, exportations et formation du secteur privé canadien.
Plus tard cette année, le CCCE organisera « Le Canada à l’ère du Pacifique », une conférence réunissant plus de 200 chefs d’entreprise, hauts fonctionnaires, éducateurs et autres dirigeants provenant de l’ensemble de la société canadienne. L’objectif de la conférence est d’étudier les stratégies qui garantiront la réussite du Canada dans un monde où le pouvoir économique se décale vers l’Asie.
Pour de plus amples renseignements au sujet de la conférence et de la série de publications, visitez http://www.ceocouncil.ca/pacific/fr/.
